ASTROLOGIE ET VAMPIRES , par Alejandro Christian LUNA

Il existe peu de mythes aussi fascinants et aussi répandus dans le monde que celui des vampires. Contrairement aux autres, ce mythe s'actualise en permanence, s'adaptant aux changements constants de la société. Comme son principal protagoniste, il se refuse à mourir et visiblement, il est tout aussi immortel que la mort elle-même. Depuis toujours, l'astrologie a puisé dans les mythes pour signifier leurs correspondances avec la nature des signes, des planètes ou des aspects. Nous allons maintenant voir les analogies qui existent entre le mythe du vampire et la dialectique qui peut s'établir entre Vénus et Pluton et à un autre niveau, entre la polarité Taureau-Scorpion.


Traduit de l'espagnol par Joëlle Fernandez


Naissance probable du mythe

"Vampire sex mouth", by Julianna Berry on flickr
Il y a des milliers d'années, l'être humain était un concurrent (parmi beaucoup d'autres) pour la recherche de nourriture disponible sur la Terre. La différence entre chasser et être chassé était minime : question de chance, d'instinct et d'intelligence.
Les félins et les canidés étaient certainement notre principale source de préoccupation, surtout lorsque la nuit tombait et que nous devions grimper aux arbres pour nous protéger. Plus tard, homme des cavernes, l'obscurité et les bêtes "là-bas au dehors", laissait supposer un terrain dangereux pour la survie non seulement de l'individu mais aussi de l'espèce (en tenant compte qu'il y a 300 millions d'années les humains étaient rares).
Assis autour d'un feu et entourés de ténèbres, les hurlements et tous les bruits des êtres nocturnes éveillaient l'imagination de nos ancêtres, créant des histoires abominables et fascinantes. En même temps, des êtres terrifiants peuplaient nos rêves (ce qui a très peu changé) réveillant des sensations dramatiques et des sentiments obscurs.

La peur est le sentiment qui crée la figure du vampire. C'est pour cela que les délires et les peurs les plus ataviques sont condensés dans cette figure : peur d'être dévoré, peur de la mort, peur des morts, peur de l'obscurité, désir de dévorer, désir d'immortalité, etc. Il est logique de penser que la peur d'être dévoré a la même charge psychique que le désir de dévorer. Le vampire comme sa victime vivent à l'intérieur de nous. D'un autre côté, le sang a toujours été un symbole de vie tandis que son absence implique un danger de mort. La peur d'être mordu par l'homme ou l'animal a non seulement quelque chose à voir avec l'importance concrète du sang comme source de vie, mais aussi avec sa valeur symbolique.

"7" par Patrizia The Sleeping sur Flickr  
La pratique de l'anthropophagie et de "l'hémophilie" (boire le sang) à des fins de rituels, a été importante dans le monde entier. Les Aztèques, les Mayas, les tribus d'Amazonie et d'Afrique, parmi beaucoup d'autres cultures, les ont utilisées. Boire le sang de l'ennemi signifiait prendre sa force, son courage, et même posséder son esprit. Nous pensons que cela ne fait pas partie des civilisations du passé mais régulièrement nous entendons parler d'individus mentalement déséquilibrés qui actualisent ce rituel ; et peut-être pour raffermir notre raison, nous emplissons les salles de cinéma où se jouent les aventures gastronomiques de Hannibal Lecter. Au XVIIIe siècle l'Europe orientale connut une véritable épidémie de vampire qui suscita de nombreux débats scientifiques et théologiques sur la limite entre la vie et la mort. Des œuvres comme le "Traité sur les vampires" de Dom Calmet, "Pensées de vampire" de Johan Herenberg ou "Mastications mortuorum in tumulis" de Michel Raufft et Philippe Rherius, ont tenté d'apporter des connaissances rationnelles sur les coutumes des vampires. L'épidémie de syphilis qui s'abattit sur l'Europe à cette époque (maladie vénérienne relevant donc de Vénus) fut aussi soupçonnée d'avoir une origine vampirique.
Dans les années 80 et début 90, (avec l'entrée de Pluton en Scorpion en novembre 1983) les thèmes du Sida, du sang et des formes de contagion ont préoccupé toute la société. C'est une époque où l'on édite beaucoup de livres et où sortent de nombreux films et séries sur les vampires. (Buffy et les vampires, le Dracula de Coppola, Du crépuscule à l'aube, Blade, Entretien avec un vampire, etc.)

Ce qui est en jeu dans ce mythe est quelque chose d'aussi profond que la vie et la mort... Le mystère de la vie et le mystère de la mort. Découvrir que la vie peut seulement se nourrir de mort, que la mort permet la vie et la créativité, et de plus, que cela est le plus naturel au monde et aussi la condition "sine qua non" de l'existence, c'est ce que nous enseigne l'axe Taureau-Scorpion.

Taureau et Scorpion

Après le big-bang cosmogonique du Bélier, la décélération naturelle de l'énergie produit la matière et commence alors un processus de stabilisation qui crée les mondes avec des possibilités latentes de vie. À partir d'Einstein, nous pouvons affirmer que la matière est énergie qui vibre à des vitesses très basses. Et à l'inverse, la matière vibrant à des vitesses très élevées se transforme en énergie.
Le Taureau (premier signe de Terre) traduit psychologiquement cette décélération et l'inertie à des fins de matérialisation, comme un désir d'accumulation et se substantialité ; et plus qu'un désir c'est une véritable nécessité. D'où inexorabilité et la puissance du signe du Taureau. Les besoins les plus primaires sont représentés par ce signe du zodiaque.


"2" par Patrizia The Sleeping sur Flickr
Toute forme de vie doit incorporer dans son organisme des substances d'un autre organisme vivant ce qui, dans l'être humain, se fait par la bouche. Sigmund Freud découvre que la structure la plus basique de la psyché se forme très tôt à une étape qu'il appelle le "stade oral".
Sucer, téter, mordre, couper, arracher, mastiquer et avaler sont les passages obligés pour incorporer biologiquement les substances dont l'organisme a besoin. Cette incorporation implique un plaisir psychologique et physique qui transcende le simple fait de s'alimenter. Pour cela, les dents sont fondamentales, et les carnivores (comme le sont les humains) utilisent les incisives et les canines dont l'efficacité est vitale pour les prédateurs.
Nous serons tous d'accord pour dire qu'en matière de prédateurs; l'être humain a plusieurs longueurs d'avance car, étant en haut de la chaîne alimentaire, nous ne pouvons être la proie d'aucune autre espèce de prédateurs sinon de la nôtre ou de celle de quel être surnaturel.

Roger Caillois dans son analyse du mythe de la mante religieuse met en relation la nécessité de l'alimentation et le plaisir sexuel.
Marcel Roland écrit dans un article où il définit la mante religieuse comme le félin des insectes : "La mante religieuse tue le mâle au moment de l'accouplement et le dévore et l'homme est saisi par la similitude de ce fait avec l'acte sexuel humain. Les naturalistes voient dans cet insecte la forme extrême de l'étroite relation très fréquente entre volupté sexuelle et volupté nutritive. Chez l'homme il existe au moins une caractéristique représentative de cette relation entre nutrition et sexualité : la morsure d'amour au moment du coït. Dans le mythe d'Adam et Eve, le symbole sexuel du péché originel est la morsure dans la pomme. Dans les relations sexuelles entre protozoaires (en bas de l'échelle des formes de vie) un organisme est totalement absorbé par l'autre. L'accouplement dans tous les cas est une sorte de quête d'immortalité, un profond facteur de mort ; c'est pourquoi l'état qui suit la totale satisfaction sexuelle s'apparente à une mort et que les êtres inférieurs meurent immédiatement après la procréation".

Du point de vue astrologique ceci n'a rien de nouveau sinon de permettre le passage du Taureau jusqu'au mystérieux Scorpion. De fait, les coutumes nuptiales de certains Scorpions sont similaires à celles de ces insectes : la femelle mange le mâle après la copulation. Le Scorpion appartient à l'espèce des araignées et n'est donc pas très éloigné génétiquement de cette araignée que l'on appelle la "veuve noire".
Alimentation et sexualité sont très certainement les forces les plus puissantes dominant n'importe quel être vivant. Ils sont la pure manifestation de la nature comme le sont les tempêtes et les tremblements de terre.

Il est intéressant de noter que l'on peut également établir, culturellement et géographiquement, un lien entre nutrition, plaisir et mort. Dans la ville de Buenos Aires le cimetière de la Recoleta est entouré de coquets petits cafés et de restaurants qui sont aussi des centres d'exposition d'art et de design. À Paris, le cimetière de Picpus est accolé au " Viaduc des Arts", quartier de galeries d'art, de magasins d'artisanat et de restaurants distingués. À Chicago, les restaurants sont tous reliés au St. Adalbert Cemetery. Le Scorpion (second signe d'Eau) est la huitième étape dans l'éternel parcours Zodiacal. Il symbolise le moment où la "forme"- surgie dans le Cancer et devenue consciente de l'existence d'un autre dans la balance - tente la fusion des opposés. Pour que la fusion soit effective, chaque participant doit "mourir" pour que surgisse autre chose. Et ce qui apparaît n'est égal à aucun des deux participants mais n'en est pas, néanmoins, totalement distinct. Ici la charge psychique est beaucoup plus lourde que dans l'étape du Taureau. La sexualité du point de vue du Scorpion ("la petite mort" comme les Français appellent l'orgasme) relève plus d'un plaisir psychique que physique. Dans le Taureau la sexualité est instinctive, mue par la nature qui tend à la conservation de l'espèce. Dans le Scorpion se joue les désirs occultes, les aspirations inavouables et la soif de pouvoir et de domination psychologique. L'ego surgi dans le Lion se confronte avec son ombre dans le Scorpion.
Plus la conscience est rationnelle, lumineuse et éclairée, plus superstitieuse, obscure, monstrueuse et même démoniaque sera l'ombre.
Un frisson surprend notre monde scientifique, c'est l'haleine du vampire.

La pulsion sexuelle du vampire va directement à la jugulaire de sa victime pour se rassasier. On peut également remarquer la corrélation anatomique entre la zone génitale - la tradition astrologique l'attribue au Scorpion - et la zone sensible de la gorge régie par le signe du Taureau.

Vénus et Pluton

"ijkkjhb", by Julianna Berry on Flickr

Il semble qu'il n'y ait pas beaucoup de similitudes astronomiquement entre Vénus et Pluton. Cependant nous pouvons trouver quelques analogies. Physiquement Vénus est entourée d'une épaisse couche de nuages qui cache la superficie de la planète. Toutefois, les sondes envoyées et les analyses des radiotélescopes indiquent une fréquente activité volcanique. De plus, ce sont les deux seules planètes du système solaire qui tourne sur leur propre axe à l'envers des autres. Sur Vénus et Pluton, le Soleil se lève à l'ouest et se couche à l'est.
Le lien entre ces deux planètes est beaucoup plus profond que nous ne le pensons.

Les vampires sont passés par toutes formes de représentation : ils ont été hommes, femmes, enfants, vieux, animaux, Aliens, dessins animés et tant d'autres choses.
Certaines femmes aspirent à être "vampiresses". Hollywood y est pour beaucoup. Nombre d'entre elles s'identifient avec la "femme fatale" mangeuse d'hommes. Elles se livrent jusqu'à l'évanouissement, à l'oisiveté et au plaisir et quelque part elles ont réussi à modifier l'image féminine dominée par l'idéologie machiste. Il se pourrait que ces "vamps" de la vie réelle synthétisent le comportement social de l'aspect Vénus-Pluton.

Arrêtons-nous maintenant sur l'analyse des aspects entre ces deux planètes, sans trop entrer dans le détail de leur interaction. A priori un aspect conflictuel (conjonction, carré ou opposition) génèrera une tension plus forte qu'un aspect favorable (trigone et sextile). Parfois il n'est même pas nécessaire qu'elles soient en aspect. Un thème avec une dominante Pluton-Vénus aura également la thématique Amour-Mort.
Une personne avec cette structure énergétique porte en elle La Belle et La Bête. Le délicat et l'intense. La beauté et l'horreur. Le dévouement et le pouvoir. Comme pour tout aspect, l'apprentissage consiste à faire une alchimie des deux énergies.
Mais la plupart du temps on reste figé sur un pôle en projetant sur l'autre, surtout dans l'opposition.
Identifiée à Vénus, la personne fuit "le monstre" en elle mais trébuche systématiquement et reste à sa merci. (Ou bien elle fuit un monstre pour tomber dans les bras d'un autre). Elle peut sentir que si elle s'ouvre affectivement elle risque d'être détruite. Il lui est donc difficile de s'abandonner bien qu'elle puisse être très séductrice. Il y a un double mouvement : inconsciemment elle s'ouvre à ce qu'elle redoute en le repoussant consciemment. Elle vit la tragédie d'aspirer à quelque chose qu'elle ne souhaite pas voir advenir au fond d'elle-même.
Si la personne s'identifie à Pluton, elle voudrait dominer et soumettre quelqu'un de fragile et de délicat. Elle se sent un monstre et il lui semble impossible d'être aimée de qui que ce soit. Elle a besoin de découvrir sa laideur mais ce faisant, elle craint d'être repoussée. Accepter que cela révèle sa grande vulnérabilité serait un grand pas pour sa tendance plutonienne, de même que le serait, pour la tendance Vénusienne, la prise de conscience qu'elle manipule le "puissant" par la séduction.
Pour résoudre cette dichotomie, il faudrait comprendre comment les relations affectives génèrent un jeu de pouvoir et un contrôle mutuel. Le chemin de la transformation est d'intégrer le côté obscur, ce qui ne peut se faire qu'à travers le lien amoureux. L'ombre que l'un ne peut accepter est apportée par l'autre. Le but est de découvrir que l'un est plus "monstrueux" que ce qu'il croyait... ou plus vulnérable, selon l'angle de vision de sa conscience.

Finalement, aimer c'est mourir.
Mais c'est l'amour narcissique qui meurt car l'amour véritable implique la transformation totale de la vie. Ce processus de transformation se voit clairement dans le "Dracula" de Coppola.
Mina Murray, la chaste éducatrice victorienne, tombe accidentellement sur les planches illustrées d'un livre similaire au Kama Soutra. Offensée et scandalisée par ces images, son rire nerveux (et celui de Lucie Westenra) dévoile néanmoins la fascination qu'elles exercent sur elle. L'intensité est encore bien loin de sa conscience.
Après sa rencontre avec le prince Vlad (qui n'a de bleu que les lentilles) Nina est fascinée par son pouvoir de domination sur les bêtes et le cœur battant, elle se risque à caresser le pelage d'un loup sauvage. Elle vient d'établir le premier contact avec sa bête intérieure.
À la fin du film, totalement vampirisée, elle embrasse d'abord son amant et le tue ensuite pour le libérer de son insupportable immortalité. Elle vient de comprendre son autre face, elle ne projette plus, elle s'est transformée en une Vénus-Pluton absolue.
Nous voyons comment le côté identifié à Vénus va incorporer des doses chaque fois plus importantes de Pluton jusqu'à se transformer en Vénus-Pluton.
L'identification à Pluton représentée par Dracula, commence par un monstre affligé dans un sombre château, rasant les murs et sacrifiant des bébés. Vénus est bien loin de sa conscience.
Quand Mina raconte sa vision du foyer natal du Comte (disons depuis une vie antérieure) le regard de celui-ci est troublé par l'émotion. Elle a touché un point sensible de son âme. Finalement, seul l'amour absolu lui apporte la rémission. Il se soumet et renonce à sa vie antérieure d'immortel. Là nous voyons que le côté identifié à Pluton va incorporer des doses chaque fois plus importantes de Vénus jusqu'à se transformer en ce qu'il a toujours été : Vénus-Pluton.
  
Vlad Tepes

"EA12" par Patrizia The Sleeping sur Flickr
L'Irlandais Bram Stoker s'est appuyé sur un personnage réel pour donner vie au célèbre Comte transylvain. Le nom de Dracula s'étend sur trois générations de nobles qui gouvernèrent la Valachie durant les XVe et XVIe siècles et qui firent des incursions en Transylvanie, territoires qui appartiennent aujourd'hui à la République de Roumanie.

C'est Vlad III, appelé "Draculea" (fils de Dracul, ou fils du diable) qui nous intéresse plus particulièrement. Il est aussi nommé Tepes (celui qui empale) à cause des pratiques cruelles qu'il faisait subir à ses ennemis terrassés. Celui qui avait la malchance d'être prisonnier de Vlad subissait la torture d'être empalé vivant sur une épée plantée dans son anus (zone du scorpion). Une illustration de Vlad le montre en train de déjeuner ou dîner tranquillement tandis qu'il contemple ses ennemis empalés et bien alignés.

Le mot Dracula vient Draconis, dragon. On suppose que ce nom fut imposé à Vlad II (son père) par l'empereur de l'Empire Romain. Cette dynastie Valaque faisait partie de la secte du Dragon, une secte chrétienne engagée dans la lutte contre les infidèles Turcs Ottomans qui essayaient d'étendre leur territoire jusqu'en Occident.
L'entrecroisement de symboles et de significations commence à devenir évident entre le Scorpion, le serpent, Dracula, le dragon et Pluton.

Quelques critiques soutiennent que le message entre les lignes du livre de Stoker est de montrer que la civilisation s'impose sur la barbarie (justifiant ainsi l'impérialisme britannique) de la même manière que la rigide morale victorienne le fait avec les lubriques vampires et "vampiresses". Avant la publication de "Dracula" beaucoup de récits de vampires avaient été publiés ou colportés de manière orale.
S'appuyant sur d'anciennes légendes, la plume des romantiques du XIXe siècle ressortirent de l'oubli ces êtres de la nuit : Shéridan Le Fanu avec "Carmilla", Gaston Leroux avec " La machine à assassiner", John Polidori avec " Le vampire", James Rymer avec "Varney le vampire".
Ce dernier par exemple avait un aspect effroyable. " Nosferatu" (1922) était basé sur le personnage de Rymer. Dans ce film expressionniste de l'allemand Murnau, le Comte Orlock fut interprété par Max Schreck. Il est considéré comme un classique du cinéma.
Par contre, la figure du Dracula de Stocker est beaucoup plus stylisée. Bela Lugosi et Cristopher Lee l'ont immortalisée.
L'esthétique "draculéenne" a laissé tomber les monstruosités pour se présenter, à la façon de Vénus, comme un sex-symbol romantique et ardent. Le vampire est un aristocrate, presque un playboy.
Les vampires qui apparaîtront plus tard sur le grand écran accentueront encore ce rapprochement entre Vénus et Pluton. Le "Dracula" de Francis Coppola de 1992 est avant tout une histoire d'amour. Le sous-titre du film était "l'amour ne meurt jamais".
En 1994 sort le film "Entrevue avec le Vampire". Lestat, Louis, et Armand sont incarnés par Tom Cruise, Brad Pitt et Antonio Banderas, les plus merveilleux vampires de l'histoire ! Par sa sensibilité esthétique et affective, Louis (Brad Pitt) émane plus Vénus que Pluton et il est difficile de l'imaginer comme un abject monstre nocturne.
Les artistes ont donné naissance à un vampire ayant la capacité d'aimer, peut-être parce que la société en avait besoin. Dit autrement, les sillons archétypaux de l'inconscient collectif cherchent de nouvelles formes. Aujourd'hui, nous prenons conscience que le monstre n'est pas aussi horrible qu'il l'était au Moyen Âge, et que la beauté n'est pas aussi innocente et pure.  

                                                    Première édition de "Dracula"


1er juin 1897 à Dublin, Irlande


21 mai 1897 à Dublin, Irlande
Dracula

On ne connait pas la date exacte de la publication du Dracula de Bram Stoker. Certains avancent la date de juin 1897 et d'autres celle de la troisième semaine de mai. Son livre fut publié à 3000 exemplaires dans la modeste maison d'édition d'Archibald Constable & Company.

Mais pour apprécier le climat astral de ce moment, nous n'avons pas besoin de la précision habituelle. Nous analyserons le thème sans les maisons. (Voir les thèmes ci-contre)

Naviguant entre ces deux thèmes, l'amas en Gémeaux apparaît en premier et donne une maturité à tout ce qui est publication, communication et littérature.
Mais le plus intéressant est la conjonction Soleil-Pluton, avec un orbe large ou plus étroit selon le cas. Rien qu'avec cela nous sommes déjà dans une œuvre plutonienne en résonance avec notre sujet. Pour L'Humanité, l'œuvre littéraire Dracula naît à ce moment-là. Comme disait Gustave Jung : "Tout ce qui naît à un moment donné a les caractéristiques de ce moment particulier".
De plus Vénus, exaltée en Taureau, est carré à Mars (co-régent du Scorpion) en Lion. Saturne et Uranus sont en Scorpion. La thématique amour - désir - sexe - mort etc. est présente dans le livre, dans le mythe du vampire et dans le ciel du moment.
J'ai aussi trouvé intéressant de rapprocher les thèmes astraux de Bram Stoker et du vrai Dracula, mais les dates sont incertaines. Le "vampirologue" Roberto Coria me disait :
"Même Barbara Belford (la meilleure biographe de Stoker) ne donne pas l'heure exacte de sa naissance, qui s'est produite le 8 novembre 1847 à Clontarf en Irlande).
Il en va de même pour le voïvode Vlad Dracula. Raymond McNally et Radu Florescu, anthropologues et auteurs des meilleures recherches sur cette figure historique ("In search of Dracula" - " Dracula : A biography of Vlad the impaler") indiquent sa naissance en l'an 1431, sans pouvoir préciser ni le jour ni le mois, à Tirgoviste, capitale de la Valachie (l'actuelle Transylvanie).

Toutefois la position des planètes de Bram Stoker sont très significatives : Lune et Soleil en Scorpion, Mars en Taureau et Vénus en Balance.

Autre thème intéressant : celui de l'acteur Bela Lugosi. Non seulement parce qu'il fut le plus célèbre interprète du Comte mais parce qu'il mélangea dramatiquement dans sa vie la fiction et la réalité. Il mourut en croyant être Dracula.
Certaines biographies indiquent sa naissance en Hongrie. Mais la banque de données www.thenewage.com donne le 28 octobre 1885 à Lugoj en Roumanie à 15 h 30 (14:02:24 TU).
Il est étonnant de retrouver les mêmes maisons que celles de Polidori, Byron et Shelley, nés en Suisse et de nuit, et la même position de la Lune.
Vénus est dominante dans son thème, il a quatre planètes en maison VII et le Soleil en Balance.
De plus, Vénus fait une opposition large à Pluton situé sur la cuspide de III.

La vie de Lugosi fut en dents de scie. Il commença comme acteur de théâtre en Hongrie puis, exilé à cause de la première guerre mondiale, il émigre aux États-Unis où après quelques années il réussit à se produire à Broadway, New York, et accède à la notoriété mondiale avec le film "Dracula" de Todd Browning en 1931. À partir de ce moment il ne pourra jamais se défaire de son personnage et au fil du temps il tournera des films de plus en plus mauvais. Morphinomane, il était convaincu d'être réellement un vampire. Il est né très près des terres du Comte et fut enterré avec son habit de Dracula et sa cape noire fourrée de satin rouge. C'était le 16 août 1956.
Peut-être son Ascendant et sa lune en Poissons l'ont transformé en une espèce de "Zelig" à force de mimétisme avec le personnage mythique qui l'habitait.
Avec une telle Vénus, Lugosi immortalise le prototype d'un Dracula aristocrate qui fut tant de fois copié dans les œuvres ultérieures.
Si l'on monte son thème à New York, lieu où il triompha dans son rôle, l'Ascendant est à 29° Scorpion, la maison XII est en Scorpion, Vénus est en maison I et Pluton en maison VII. Nous aurions là quelques-uns des facteurs nécessaires pour le considérer porteur de ce que l'on peut appeler le "syndrome du vampire" c'est-à-dire une dominante plutonienne et un aspect significatif entre Vénus et Pluton (aspect entre maisons angulaires).

Le "syndrome du vampire"

En commençant ce travail je voulais simplement faire une recherche sur les possibles relations entre le mythe et quelques facteurs astrologiques. Mais en cours de rédaction il m'est apparu avec beaucoup de force et d'évidence qu'il existe un terrible et incontrôlable pouvoir sommeillant en toute personne qui possède le "syndrome du vampire".

Comme nous l'avons vu, la dialectique astrologique entre Vénus et Pluton est de même souche et quelque part, cela nous concerne tous en tant qu'humanité. C'est pourquoi cela se transforme en un mythe qui est ensuite constamment réactualisé.
Mais pour certaines personnes le mythe est beaucoup plus immédiat et elles n'ont pas besoin d'aller au cinéma pour le sentir battre à l'intérieur d'elle-même ou pour le voir agir dans leur vie quotidienne. Grâce au libre arbitre, peut-être sera-t-il vécu comme un remède ou une maladie, comme un poison ou son antidote.

Il reste encore certainement beaucoup de choses à approfondir, en particulier les aspects de Vénus et Pluton en synastrie qui sont très significatifs.
Ce serait une erreur de penser qu'une personne mettant son Pluton sur la Vénus d'une autre serait comme le vampire avec sa victime, car il faudrait tout d'abord étudier chaque thème exhaustivement. Il s'agit d'une planète rapide comparée à une trans-personnelle. Pluton est très loin de chaque conscience. Si la rencontre a eu lieu c'est peut-être pour que les deux intègrent cet aspect à travers la relation, et en particulier le lien sera vital et transformateur... ou totalement destructeur.

Comme dit le professeur Abraham Van Helsing dans le Dracula de Stoker : "Ha ! Si cette créature émanait de Dieu et non du Diable, que de bien pourrait-elle faire dans notre monde !"

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire