ANNIVERSAIRES EN FAMILLE, par Didier CASTILLE

Les mariages et les naissances de notre histoire familiale seraient-ils marqués par des répétitions de dates anniversaires? Plusieurs études démo-graphiques convergentes semblent mener à cette conclusion : les mariages entre personnes qui sont nées au même moment de l’année sont plus nombreux que ce que le hasard laisse prévoir, tout comme les familles au sein desquelles au moins deux personnes fêtent leur anniversaire à la même époque. Il y aurait un lien temporel, dont la nature reste à déterminer, entre des personnes qui se marient, donnent la vie ou partagent la même cellule familiale.
Étude réalisée avec le soutien du Premio Internazionale Serena Foglia 2005 

L’étude des familles françaises selon les mois de naissance des personnes qui les composent réservent bien des surprises. Qu’on s’en tienne simplement à l’observation de 799 000 familles de quatre personnes, soit le père, la mère et les deux enfants (voir ci-dessous l’encadré méthodologique sur l’échantillon issu du recensement de population de mars 1999).

"Starlight" par Justine.K, sur FlickR
Parmi les 20 736 combinaisons possibles des mois de naissance des deux parents et des deux enfants, certaines sont atypiques. Alors qu’en moyenne on peut s’attendre à 39 familles pour chaque combinaison, on trouve, par exemple, 82 familles composées d’un père né en avril, d’une mère née en avril, d’un aîné né en avril et d’un cadet né en avril. À l’inverse, on ne trouve que 16 familles caractéristiques de la combinaison composée d’un père né en octobre, d’une mère en janvier, d’un aîné en septembre et d’un cadet en février.

D’une façon générale, il existe un fort déséquilibre dans la répartition de ces familles selon les mois de naissance des quatre personnes qui les composent : certaines combinaisons sont nettement plus fréquentes que d’autres.
Même constat pour les 290 000 familles de cinq personnes. Ici, le nombre des combinaisons de mois possibles (près de 250 000) est trop élevé pour permettre une observation juste et l’étude, non plus les mois de naissance mais les saisons de naissance (1 024 combinaisons possibles), montre que là aussi certaines combinaisons sont privilégiées au détriment d’autres. Alors que l’on s’attendrait à 282 familles par combinaison en moyenne, on trouve 440 familles composées de cinq personnes nées au printemps (cas le plus fréquent) et 191 familles composées de trois personnes nées en automne, d’une quatrième en hiver et d’une cinquième au printemps (cas le moins fréquent).

L’information statistique mise en œuvre

D’après la définition retenue par l’Organisation des Nations Unies, le recensement de population est une opération qui consiste à recueillir, grouper, évaluer, analyser et publier les données démographiques, économiques et sociales se rapportant à un moment donné à tous les habitants d’un pays.
L’information statistique mobilisée dans l’étude synthétisée ici est issue de recensement de population français et, plus précisément, de l’exploitation complémentaire au 1/4 du recensement. Celle-ci fournit des informations sur les familles dont les membres ont été recensés en France en mars 1999.
Afin d’apporter à l’étude la meilleure qualité d’information possible, l’échantillon d’étude a été limité aux familles principales et uniques dans leur foyer, comprenant un couple et dont les membres sont tous nés dans un pays de l’Union Européenne hors Outremer. Pour les individus comptabilisés au titre du panel démographique (nés les 1, 2, 3 ou 4 octobre), jour et mois de naissance ont été redressés aléatoirement de 0 à 30 et de 1 à 12 respectivement. Les naissances multiples ont été comptabilisées pour une.
Compte-tenu de ces restrictions, l’échantillon d’étude comprend 1 950 538 familles pour un nombre total de familles évalué à 16 millions. L’échantillon regroupe 7 227 984 personnes et se décomposent de la façon suivante :
  • 862 757 familles de 3 personnes
  • 799 192 familles de 4 personnes
  • 288 589 familles de 5 personnes
Le recensement de population fournit, entre autres informations, la date de naissance des individus ; leur heure de naissance n’est pas connue.


Le graphique ci-dessous représente les 52,6 millions de personnes nées en France recensées en France en mars 1999. Elles sont réparties selon leur jour de naissance dans l’année.

Chaque point représente, pour un jour donné, le nombre de personnes nées ce jour précis. En moyenne, le nombre de personnes nées au cours d’un jour donné est de 144 000, mais on constate des pics proches de 160 000 en mai et des points proches de 135 000 en décembre.


La natalité soumise à des rythmes saisonniers

Plusieurs explications peuvent être avancées à ces déséquilibres.

Tout d’abord, les mois et les saisons n’ont pas le même nombre de jours. Cet argument est cependant de peu de poids : l’été compte 92 jours, l’hiver généralement 90 et ces différences sont bien insuffisantes pour expliquer totalement les décalages constatés dans les familles de cinq personnes.

La deuxième explication tient aux déséquilibres démographiques qu’engendrent les disparités saisonnières de la natalité. Parmi les 799 000 pères de familles de deux enfants, on constate, par exemple, que ceux nés en mai sont au nombre de 71 800 alors que ceux nés en octobre sont 56 800 (idem pour les mères). Plus généralement, la population française est soumise à des rythmes temporels de fécondité qui induisent, parmi les 52,6 millions de personnes nées en France recensées en 1999, une surreprésentation de celles nées entre le 15 février et le 15 août (+10% par rapport aux autres).
Nous sommes ici au cœur de la dynamique démographique de ces combinaisons familiales : dans la mesure où certains mois de naissance sont surreprésentés, ils réapparaissent mécaniquement en surnombre quand on les combine.

Enfin, une troisième explication tient au fait que les générations qui se succèdent ne concentrent pas leurs maximums de naissances sur les mêmes mois. Selon les statistiques de l’État Civil (Annuaires statistiques de la France), au XIXème siècle, le mois de plus forte natalité était février, celui de moindre natalité était novembre. Cette répartition au cours de l’année a progressivement glissé pour aboutir à un maximum de naissances en mai au lendemain de la seconde guerre mondiale. Actuellement, c’est le mois de juillet qui concentre le plus de naissances, au détriment de février, et ce bien que les disparités de natalité entre mois se soient aplanies depuis les années soixante-dix et la banalisation des méthodes contraceptives.
Les effets de cette mobilité temporelle des pics de naissances sont visibles dans les familles de deux enfants. Si, pour les quatre membres de la famille, c’est toujours le mois de mai qui est prépondérant, pour les deux enfants, par contre, les mois d’été et d’automne gagnent en importance, juin et juillet en particulier. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de rencontrer, parmi les combinaisons de mois de naissance les plus fréquentes, des familles composées de parents nés au printemps et d’enfants nés au milieu de l’été, comme par exemple les 72 familles dont le père est né en mars, la mère en mai et les deux enfants en juillet (contre 39 familles par combinaison, en moyenne).

On retrouve cette mécanique parmi les 863 000 familles qui, dans l’échantillon d’étude, sont composées d’un père, d’une mère et d’un seul enfant. Voici, à droite, quelques cas à titre illustratif (le nombre moyen de familles par combinaison de mois de naissance s’élève ici à 499). À l’autre extrême, avec 330 cas seulement, on trouve un trio d’automne : le père et l’enfant nés en octobre, la mère en novembre…

Des pics saisonniers qui masquent des rythmes familiaux

Ces disparités des combinaisons de mois de naissance incitent à une investigation plus poussée, notamment la comparaison fine entre le nombre de combinaisons que l’on observe et celui auquel on s’attend.
C’est une tâche relativement complexe que d’évaluer le nombre théorique des familles qui correspondent à chaque combinaison. Pour que la comparaison soit fiable, la distribution théorique (aléatoire) des familles doit en effet respecter les disparités mensuelles des naissances ainsi que la mobilité dans le temps de ces disparités selon les âges des parents et des enfants.
Une fois prises en compte ces contraintes méthodologiques, on constate qu’entre ce que l’on voit et ce que l’on prévoit, il y a des divergences.

Par exemple, parmi les familles de trois personnes, on s’attend à 386 cas pour lesquels le père est né en octobre, la mère en mai et l’enfant en février ; on en observe en réalité 472, soit un excédent de 22%.


 Familles de 3 personnes

De même, parmi les familles de quatre personnes, on observe de nombreux cas où le nombre réel équivaut à deux fois le nombre attendu. On remarque surtout, parmi les combinaisons les plus nombreuses au sein des familles de trois personnes, celles composées de personnes toutes trois nées le même mois. On repère ainsi 833 familles dont les trois membres sont nés en mai, 830 en mars, 761 en janvier, 756 en juillet, etc. De même, parmi les combinaisons les plus nombreuses au sein des familles de 4 personnes, on retrouve quasiment toutes celles composées de personnes nées le même mois. Dans les familles de cinq personnes, 270 d’entre elles sont composées de personnes nées à l’automne (contre 179 attendues, soit +51%) et 440 de personnes nées au printemps (contre 343 attendues, soit +28%).

 Familles de 4 personnes

Ces résultats nous conduisent à une nouvelle piste de recherche, celles des familles qui fêtent des anniversaires de façon groupée, ces familles particulières dont plusieurs membres sont nés à la même époque de l’année.
Dans une précédente étude basée sur la distribution des 16,7 millions de naissances survenues en France entre 1977 et 2000 selon le nombre de jours qui séparent le jour de naissance de l’enfant et le jour anniversaire de chacun des parents, il avait été montré que les familles pour lesquelles l’écart est compris entre -5 et +5 jours sont surreprésentées et que celles pour lesquelles l’écart est compris entre -50 et +50 jours sont également surreprésentées, mais dans une moindre proportion.

La recherche qui suit étudie le nombre de jours qui séparent les anniversaires des parents et des enfants dans les familles, en tenant compte des étendues temporelles dont il vient d’être question, à savoir 10 et 100 jours.

Un effet « anniversaire » au sein des familles

Le tableau ci-dessous  concerne les familles composées de trois personnes. Il est d’abord question de savoir si les parents sont nés à la même période de l’année (10 jours) et ensuite si l’enfant est né à la même période de l’année (10 jours) qu’au moins l’un de ses parents. Pour chaque cas de figure, le nombre des familles concernées est comparé au nombre théorique.

862 757 familles de trois personnes
Nombre de familles
Écart
Écart relatif
Observé
Attendu
Le père et la mère fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'enfant et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
5 213
3 045
+2 168
+71%
L'enfant et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
43 799
42 662
+1 137
+3%
Le père et la mère ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'enfant et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
88 571
85 597
+2 974
+3%
L'enfant et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
725 174
731 453
-6 279
-1%

On constate tout d’abord que 725 174 des familles (84%) sont composées de personnes qui fêtent leur anniversaire à des dates éloignées dans l’année.
On constate également que les familles composées de personnes qui fêtent leur anniversaire à des dates proches sont assez rares (à peine 1%).
On constate enfin que le nombre de familles composées de personnes qui fêtent leur anniversaire à des dates proches sont bien plus nombreuses qu’en théorie : + 2 168 familles soit 71% au dessus du nombre attendu.
Signalons que cette configuration d’anniversaires groupés couvre une multiplicité de cas qui vont du plus « serré » où père, mère et enfant sont nés le même jour de l’année, au plus « étendu » où, par exemple, la mère fête son anniversaire 10 jours après celui du père qui survient lui-même 10 jours après celui de l’enfant.

Si on élargit la période de proximité des anniversaires à 100 jours, les familles composées de personnes qui fêtent leur anniversaire à des dates éloignées dans l’année ne représentent plus que 35% de l’ensemble. Le nombre des familles composées de personnes qui fêtent leur anniversaire à des dates proches sont également plus nombreuses qu’en théorie : + 3 872 familles soit 5% au dessus du nombre attendu.

Les familles de deux enfants ont été étudiées selon les mêmes principes que précédemment, si ce n’est que les cas de figure sont bien plus diversifiés. On cherche d’abord à savoir si les parents sont nés à la même période de l’année (10 jours), puis si les deux enfants sont nés à la même période de l’année (10 jours) et enfin si l’un des enfants est né à la même période de l’année (10 jours) qu’au moins un de ses parents.

Le cas de figure où les quatre personnes sont nées à la même période de l’année est très rare mais il concerne 132 familles de plus que ce que le hasard laisse prévoir (soit +67%).
Plus des deux tiers des familles sont composées de personnes qui fêtent leur anniversaire à des dates éloignées dans l’année. Tout en étant très fréquentes, ces familles sont moins nombreuses que ce que le hasard laisse prévoir, de 8 202 cas.


799 192 familles de 4 personnes
Nombre de familles
Écart
Écart relatif
Observé
Attendu
Le père et la mère fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
Les deux enfants fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les deux) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
329
197
+132
67%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
2 386
2 071
+315
15%
Les deux enfants ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les deux) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
5 767
5 135
+632
12%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
35 678
34 745
+933
3%
Le père et la mère ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
Les deux enfants fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les deux) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
5 917
5 252
+665
13%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
37 636
34 914
+2 722
8%
Les deux enfants ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les deux) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
148 332
145 529
+2 803
2%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
563 147
571 349
-8 202
-1%


Si on élargit la période de proximité des anniversaires à 100 jours, le cas de figure le plus fréquent dans la population est celui des familles où les parents ne fêtent pas leur anniversaire au même moment, où les enfants ne fêtent pas leur anniversaire au même moment, mais où l’un des parents et l’un des enfants fêtent leur anniversaire au même moment. Cette « coïncidence » se produit dans 42% des familles de deux enfants.
Par rapport à la théorie, on constate un excédent de 9 138 familles parmi celles dont les enfants fêtent leur anniversaire au même moment et dont l’un des parents et l’un des enfants fêtent leur anniversaire au même moment.

Le cas des familles de trois enfants confirme les résultats présentés ci-dessus : il existe un « effet anniversaire » au sein des familles qui se traduit par un nombre de familles à anniversaires proches plus élevé qu’en théorie.

Le tableau ci-dessous peut surprendre car le nombre de familles qui concentrent le plus d’anniversaires proches est relativement élevé par rapport aux deux tableaux précédents. Il ne faut pas perdre de vue que le cas de figure le plus « étendu » parmi ces familles de trois enfants est, par exemple, celui d’une mère qui fête son anniversaire 10 jours après celui de son aîné, qui survient lui-même 10 jours après celui du père, qui survient lui-même 10 jours après celui du cadet, qui survient lui-même 10 jours après celui du dernier enfant, ce qui couvre une période maximale de 40 jours.

288 589 familles de 5 personnes
Nombre de familles
Écart
Écart relatif
Observé
Attendu
Le père et la mère fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
Deux des enfants (parfois les trois) fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les trois) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
447
307
140
46%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
2 218
1 953
265
14%
Les enfants ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les trois) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
2 640
2 408
232
10%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
10 625
10 290
335
3%
Le père et la mère ne fêtent pas leurs anniversaires à 10 jours d'intervalle
Deux des enfants (parfois les trois) fêtent leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les trois) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
10 243
9 538
705
7%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
33 758
32 269
1 489
5%
Les enfants ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d'intervalle
L'un des enfants (parfois les trois) et l'un des parents (parfois les deux) fêtent leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
68 330
67 765
565
1%
Les enfants et les parents ne fêtent pas leur anniversaire à 10 jours d’intervalle
160 328
164 059
-3 731
-2%



L’effet anniversaire vu sous l’angle astrologique

La surreprésentation des familles composées de parents et d’enfants qui fêtent leurs anniversaires à la même période se traduit, en langage astrologique, par la proximité des longitudes du Soleil au moment de la naissance des différents membres de la famille. En d’autres termes, les familles dont la plupart des membres sont, par exemple, Bélier (c’est-à-dire que le Soleil se trouvait, à leur naissance, dans cette partie du ciel que les astrologues nomment le Bélier) sont plus nombreuses qu’en théorie.

Ce constat qui, selon des tests statistiques, ne peut être attribué au hasard, est néanmoins relativement mince en termes d’effectifs et n’est pas perceptible par un observateur isolé dont l’échantillon d’étude ne serait composé que de quelques milliers de familles.
Le Soleil n’est pas le seul astre que les astrologues localisent dans le ciel pour bâtir les thèmes de naissance. Il y a également, pour les principaux, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton.
Les expériences dont les conclusions viennent d’être détaillées ci-dessus ont été basées sur les écarts angulaires au degré près entre les longitudes qu’occupait le Soleil au moment de la naissance de tous les membres de la famille.
Elles ont également été réalisées en prenant en compte les longitudes de la Lune, de Mercure, de Vénus, etc. Elles ont également été réalisées en conjuguant, par exemple, la longitude du Soleil à la naissance de l’un et la longitude de Mars à la naissance d’un autre. Toutes les combinaisons possibles des longitudes des 10 astres ont été envisagées et testées.

À chaque fois, il a été tenu compte de la taille des familles. Toutes les valeurs de l’écart angulaire entre les longitudes ont été prises en considération au degré près, de 0° à 359°.

Le principe des tests consiste, pour une combinaison de longitudes planétaires donnée, à évaluer si les deux distributions, celle que l’on observe et celle à laquelle on s’attend, sont similaires par le calcul d’une statistique du Khi2 (359 degrés de liberté). Voici, à titre d’exemple, une synthèse des 100 tests qui ont été réalisés au cours du rapprochement entre les longitudes qu’avaient les 10 astres du système solaire à la naissance de l’enfant et celles qu’ils avaient à la naissance de la mère.



On remarque tout d’abord la valeur 3 307, qui est celle du Khi2 quand on rapproche la longitude du Soleil à la naissance de l’enfant et celle qu’il avait à la naissance de la mère. Cette valeur élevée permet de conclure que la surreprésentation des familles au sein desquelles la mère et un de ses enfants ont une longitude solaire proche est significativement différente de ce que le hasard laisse prévoir.
Pour les autres combinaisons, si les valeurs du khi2 sont moins élevées que celle dont il vient d’être question, elles le sont suffisamment pour qu’il soit possible de conclure que chaque distribution observée est significativement différente de ce que le hasard laisse prévoir. Toutefois, la taille de l’échantillon, qui est importante, peut induire des distorsions de calcul et rendre significatives des différences qui sont de l’ordre de quelques points.

Prenons le cas de la combinaison « longitude de Vénus à la naissance de la mère » / « longitude de Jupiter à la naissance de l’enfant », ce que les astrologues expriment sous la forme « enfant né sous un transit de Jupiter en aspect à la Vénus de la mère ».
Le graphique ci-contre représente la distribution de 3 660 330 enfants selon la valeur de l'écart angulaire, au degré près, entre la longitude de Jupiter à leur naissance et la longitude de Vénus à la naissance de leur mère.

Là où, en première approche naïve, on se serait attendu à quelques 10000 cas pour chaque degré, on constate toute une série de pics et de creux : 10628 cas, par exemple, pour un écart angulaire de 106° ou 9 700 cas pour un écart de 47°.
Ces creux et ces pics résultent principalement de la conjugaison de mouvements astronomique et démographique.
Vues de la Terre, les orbites de Vénus et de Jupiter, comme celles des autres planètes d’ailleurs, se caractérisent par des déplacements à vitesses variables : rapides à certains moments de l'année et lents à d’autres.
En conséquence, au cours d’une année, Jupiter en longitude traverse une vingtaine de degrés pendant quatre mois et une dizaine d’autres pendant huit mois ; ainsi, la plupart des nouveau-nés d’une année donnée viennent au monde alors que Jupiter occupe cet espace de dix degrés.
L’irrégularité de la répartition présentée ci-dessus, et de toutes les autres, est donc due à la conjugaison des concentrations démographiques qui résultent de la variabilité des vitesses apparentes de Jupiter et de Vénus.

Le graphique ci-contre représente, pour chaque degré de l’angle Jupiter-Vénus, l’écart relatif (en %) entre le nombre d’enfants observé et le nombre attendu.
Par exemple, on observe 9 700 cas pour lesquels l’angle entre la longitude qu’avait Jupiter à la naissance de l’enfant et celle de Vénus à la naissance de la mère est égal à 47°; on s’attendait à 9 835 cas en théorie, soit un écart relatif de -1,4% (point vert).
Autant le graphique précédent était frappant par ses déséquilibres, autant celui-ci est sans relief. Non seulement les 360 valeurs de l’écart relatif sont relativement faibles mais aucune valeur ne se distingue des autres.

Ce constat est identique pour toutes les combinaisons astrales possibles, y compris les rapprochements des longitudes de la Lune. Seuls les rapprochements des longitudes solaires révèlent un effet inattendu.

Les conclusions qui viennent d’être illustrées par le cas particulier du rapprochement entre les longitudes qu’avaient les 10 astres à la naissance de l’enfant et celles qu’ils avaient à la naissance de la mère sont identiques à celles tirées de l’observation des couples père/enfant et père/mère.

Une étude à répliquer, des horizons à élargir

Il ressort principalement de cette étude que le nombre des familles composées de personnes ayant des dates d’anniversaire proches à 10 jours d’écart est plus élevé que le nombre théorique attendu. Il en ressort également que le nombre d’enfants nés au moment de l’anniversaire de l’un des parents à 10 jours d’écart est plus élevé que le nombre théorique attendu. Il en ressort enfin que le nombre des couples parentaux formés de personnes qui fêtent leur anniversaire à 10 jours d’écart est plus élevé que le nombre théorique attendu.

Ces constatations rappellent d’autres expériences menées à partir d’informations statistiques différentes :

  • La recherche de Gunter Sachs, qui, à partir de statistiques suisses, montre que le nombre des mariages conclus entre personnes de même signe astrologique est plus élevé que le nombre auquel on peut s’attendre en théorie, et ce de façon significativement différente du hasard selon un test du Khi2. « Die Akte Astrologie », Gunter Sachs, 1997, Der Goldmann Verlag, München.
  • Une répartition de mariages conclus en France en fonction du nombre de jours qui séparent les jours anniversaires des époux. Il en ressort une surreprésentation des mariages conclus entre personnes ayant des dates anniversaires proches à 10 jours près. « Mariages, astrologie et statistiques françaises », Didier Castille in « Le dossier astrologie », Gunter Sachs, 2000, Éditions Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine. « Les relations planétaires qui président au mariage », Didier Castille, Les Cahiers du Rams, 8/2000, Paris.
  • Une répartition de naissances survenues en France en fonction du nombre de jours qui séparent la naissance de l’enfant du jour anniversaire des parents. Il en ressort que le nombre des naissances survenues au moment de l’anniversaire de l’un des parents est plus élevé que le nombre théorique attendu. Il en ressort également que le nombre des couples parentaux formés de personnes qui fêtent leur anniversaire au même moment dans l’année est plus élevé que le nombre théorique attendu. « Birthday effect on natality rhythms », Didier Castille, Correlation 22(2) 2004, The Astrological Association of Great Britain, London.
Les diverses constatations vont dans le même sens alors que les sources d’information mobilisées sont différentes, soit par leur origine géographique (France, Suisse), soit par leur mode de constitution (enregistrements à l’État civil, déclarations au recensement de population). Cette diversification de sources qui aboutissent aux mêmes résultats donne plus de poids aux divers constats mais des réplications seraient utiles, basées en particulier sur d’autres niveaux géographiques ou temporels.

On sait, par exemple, que certains pays sont soumis à des rythmes de natalité très différents de ceux de la France et de la Suisse, Cuba par exemple ou la Suède, et il serait judicieux de répliquer les expériences avec des données d’état civil ou de recensement de ces pays.

On sait également que la natalité française est soumise à des rythmes particuliers au cours de la journée : le nombre de naissances atteint son maximum vers 4 heures du matin et décline ensuite progressivement jusqu’à 19 heures, l’heure du minimum. Les recherches pourraient également s’orienter vers cet autre facteur temporel : l’heure de la naissance.

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Étude d’un lien temporel au sein des familles et information statistique

Plusieurs sources d’information statistiques et des méthodes diversifiées mènent aux mêmes conclusions : il y aurait un lien temporel, dont la nature reste à déterminer, entre des personnes qui se marient, donnent la vie ou viennent au monde.

En 1997, Gunter Sachs a recours aux statistiques suisses du Bureau fédéral de statistiques de Berne pour étudier la distribution des 359 000 mariages contractés en Suisse entre 1987 et 1994 selon les signes astrologiques des époux.

En 2000, Didier Castille réalise et étudie la distribution des 6,5 millions de mariages contractés en France entre 1976 et 1997 selon les signes astrologiques des époux et selon le nombre de jours qui séparent les anniversaires des époux. L’information statistique utilisée provient des fichiers d’État civil produits par l’Insee.

En 2004, Didier Castille réalise et étudie la distribution des 16,7 millions de naissances survenues en France entre 1977 et 2000 selon le nombre de jours qui séparent le jour de naissance de l’enfant et le jour anniversaire de chacun des parents. L’information statistique utilisée provient des fichiers d’État civil que produit l’Insee.

En 2008, Didier Castille réalise et étudie la distribution des 2 millions de familles recensées en France en mars 1999 selon la proximité des dates d’anniversaire des personnes qui les composent. L’information statistique utilisée provient du recensement de population de 1999 réalisé par l’Insee.